L’APICHI, L’ALLIE INATTENDU DES FEMMES DE BAKOUM
LE RECIT DE L’AGRICULTRICE AÎDA MANDIANG
Face à l’urgence de la situation, j’ai contacté un collègue, Lamine Mané, technicien-animateur au sein de l’organisation panafricaine des femmes rurales « Nous Sommes la Solution » (NSS). Je lui ai demandé de venir avec le bioprotecteur, communément appelé apichi. À son arrivée, il a lui-même constaté l’ampleur des dégâts. Notre intention n’était pas commerciale. Nous n’avions prévu aucune vente : il s’agissait d’une simple démonstration dans le cadre de la vulgarisation du produit. Nous avons donc offert gratuitement le bioprotecteur aux femmes du groupement.
Comme il était déjà 18 h 30, un moment propice pour traiter les plantes, nous avons décidé d’agir rapidement. Le puits se trouvant juste à côté, nous avons puisé de l’eau et mesuré le produit à l’aide de pots gradués trouvés sur place. Ne disposant pas de pompe, nous avons utilisé un balai neuf pour asperger les cultures. La réaction fut immédiate : les ravageurs prenaient la fuite. Nous avons ensuite traité le jardin voisin. Quinze jours plus tard, j’ai recontacté les femmes pour leur demander des photos de l’évolution des plantes, avant de retourner sur le terrain. Toutes les cultures étaient redevenues vertes, et les rendements, selon elles, étaient « énormes ». Elles vendaient leur production tous les deux jours. C’était en 2024.
Cette année (2025), les mêmes femmes sont revenues me voir à Sédhiou pour demander à nouveau le produit. Je leur ai expliqué qu’après cette phase de test, le bioprotecteur est désormais disponible à la vente, puisque vous avez pu constater de vos propres yeux que la démonstration avait déjà prouvé son efficacité.
Selon Aïda Mandiang, en transformant le jardin des femmes, cette pratique agroécologique a redonné espoir aux maraîchères de Bakoum et des autres contrées.