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DEFICIT EN PRODUITS D’ELEVAGE EN AFRIQUE DE L’OUEST

Les Associations de Femmes Rurales (AFR) à l’assaut du défi par l’agroécologie et la formation

Au déficit persistant en produits d’élevage en Afrique de l’Ouest, les femmes rurales entendent prendre leur part dans la recherche de solutions. Réunies au sein du mouvement panafricain Nous Sommes la Solution (NSS), elles estiment que la réponse passe notamment par une transformation des systèmes de production, fondée sur l’agroécologie paysanne et le renforcement des capacités des agricultrices et avicultrices.

Selon Mariama Sonko, présidente du mouvement panafricain des femmes rurales Nous Sommes la Solution, le déficit en produits agrosylvopastoraux et halieutiques observé sur le continent s’explique par plusieurs facteurs, dont les modèles de production développés depuis les indépendances. Ceux-ci reposent largement sur l’utilisation de produits de synthèse, notamment les engrais, les pesticides, les aliments et les produits de prophylaxie du bétail, avec pour objectif d’accélérer la croissance et d’augmenter les volumes de production agricole et animale. Or, estime-t-elle, ces produits, souvent peu adaptés aux réalités locales, ne garantissent pas nécessairement une production saine et durable, alors même que l’agriculture et l’élevage occupent une place centrale dans l’économie et les moyens de subsistance d’une grande partie des populations africaines.

Un déficit particulièrement marqué dans l’aviculture

Madame Sonko souligne, en outre, qu’en Afrique de l’Ouest, l’élevage, sous ses différentes formes, est pratiqué par un peu plus de 40 % de la population rurale. Malgré cette forte implication des communautés de base dans la production alimentaire, le continent peine toujours à couvrir ses besoins en produits d’origine animale. Pour elle, le déficit est particulièrement marqué dans le secteur avicole, alors même que les pays africains disposent d’un important potentiel agroécologique, en termes de climat, de sols et d’espaces disponibles. « Cette situation pèse sur la sécurité et la souveraineté alimentaires, tout en fragilisant les économies locales », déplore-t-elle. Pour les femmes rurales de la sous-région, le défi consiste donc moins à reproduire les modèles conventionnels qu’à valoriser les ressources locales et les savoir-faire paysans. Une orientation qui place l’agroécologie au cœur de leur stratégie.

L’agroécologie comme alternative

Conscients des enjeux liés à leur autonomie dans les pratiques agricoles et d’élevage, de nombreux producteurs, notamment ceux des exploitations familiales, s’engagent depuis plusieurs années dans la promotion de techniques d’élevage fondées sur l’agroécologie.

« Cette approche prend en compte l’environnement et cherche à développer un élevage à la fois productif, sain et durable. Dans cette perspective, l’agroécologie constitue une alternative pour la production animale, notamment pour l’aviculture », relève Mariama Sonko. Cette orientation, fait-elle savoir, permet aux producteurs de renforcer leur autonomie dans la mise en place et la conduite de leurs activités avicoles, tout en améliorant les performances quantitatives et qualitatives de leurs exploitations. À l’en croire, l’un des principaux atouts de l’agroécologie paysanne appliquée à l’élevage réside également dans la recherche d’une meilleure qualité sanitaire des produits. Elle privilégie les ressources et les pratiques locales, limite le recours aux produits de synthèse et aux aliments ultra-transformés et cherche, dans le même temps, à améliorer la qualité nutritionnelle des produits tout en préservant l’environnement. Mais la transition vers ces pratiques se heurte encore à une difficulté majeure : la maîtrise des itinéraires techniques. L’hygiène préventive, la prophylaxie et l’alimentation constituent notamment des domaines dans lesquels les avicultrices et aviculteurs des exploitations familiales ont encore besoin d’un important renforcement de capacités.

La formation des femmes, un levier essentiel

C’est précisément sur ce terrain que Nous Sommes la Solution (NSS) entend agir. À travers ses Associations de Femmes Rurales (AFR) membres, le mouvement panafricain veut contribuer à la diffusion de bonnes pratiques avicoles fondées sur l’agroécologie paysanne en Afrique de l’Ouest. Depuis 2022, la coordination de Fahamu/NSS inscrit ainsi le Camp international de formation en agroécologie paysanne (CIFAP) dans son calendrier annuel d’activités. Organisé dans le village de Niaguis, en Casamance, le CIFAP réunit chaque année des leaders, techniciens, animateurs et relais de NSS, ainsi que leurs alliés. L’objectif est de renforcer leurs capacités et de favoriser les échanges autour de l’agroécologie paysanne et des savoirs pratiques nécessaires à une agriculture saine et durable. Pour les responsables de NSS, la formation constitue ainsi un levier essentiel pour permettre aux femmes rurales de mieux maîtriser leurs activités agricoles et d’élevage, mais également de gagner en autonomie dans la production de leur propre alimentation.

Près de soixante-dix participants attendus à Niaguis

Pour l’édition 2026, le CIFAP a choisi de mettre l’accent sur « Les techniques pratiques de conduite avicole en agroécologie paysanne ». Un thème qui répond directement aux préoccupations des membres de NSS dans la mise en place et la gestion de leurs fermes agroécologiques. La maîtrise des techniques de conduite de l’élevage avicole doit permettre aux membres de NSS, présents dans dix pays d’Afrique de l’Ouest, d’améliorer la productivité ainsi que les performances économiques de leurs activités. Près de soixante-dix (70) participants viendront du Burkina Faso, du Bénin, de la Côte d’Ivoire, de la Gambie, du Ghana, de la Guinée, de la Guinée-Bissau, du Mali, du Sénégal et du Togo. À travers cette formation, NSS veut notamment permettre aux producteurs de mieux entretenir leurs sujets, de maîtriser les différentes étapes de l’élevage et de planifier les opérations à mener tout au long de l’année.

 

 


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